Démographie urbaine

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Sagesses Communes

  • Combien d'habitants dois-je donner à ma ville ? Pars de sa campagne, pas de ton envie : une ville pré-moderne pèse rarement plus d'un dixième de la population qu'elle nourrit et administre. Une capitale régionale de vingt mille âmes suppose donc deux cent mille ruraux autour d'elle, et un réseau de routes capable d'amener leur grain chaque semaine. Un chiffre est défendable quand tu peux nommer le territoire qui le remplit.
  • Qu'appelle-t-on le puits démographique d'une ville ? C'est le fait qu'une ville pré-moderne enterre plus d'habitants qu'elle n'en fait naître, et ne se maintient donc que par un flux permanent d'arrivants venus des campagnes. Concrètement, elle perd de l'ordre de cinq à dix habitants par millier chaque année sur son seul solde naturel, et doit les remplacer par autant d'immigrants. Une ville n'est pas un réservoir de population : c'est un trou que la campagne comble sans arrêt.
  • Pourquoi une ville ne se renouvelle-t-elle pas d'elle-même ? Parce que la densité augmente la mortalité — eau souillée, épidémies, incendies, accidents d'atelier — pendant qu'elle abaisse la natalité, les mariages y étant plus tardifs et les apprentis, domestiques et journaliers y vivant longtemps sans foyer. Les deux courbes se croisent à l'envers de ce qu'on attend, et l'écart se comble uniquement par les nouveaux venus.
  • Comment chiffrer une peste, un siège ou une famine sans que ça semble arbitraire ? Choisis une amplitude et une durée avant de choisir un récit : une famine retire un habitant sur vingt en une saison, une peste majeure un sur trois en deux ans, un siège long un sur dix. Décide ensuite qui meurt — les pauvres, les vieux, les enfants d'abord — et combien d'années il faudra à l'immigration rurale pour reboucher le trou. Cette dernière question est celle qui rend la catastrophe jouable sur le long terme.
  • Que devient une ville qui perd son arrière-pays ? Elle rétrécit, mécaniquement et vite, parce que son flux d'arrivants se tarit alors que sa mortalité propre continue. Une guerre qui vide les campagnes tue la ville avec un ou deux ans de retard, sans qu'aucun ennemi n'ait franchi ses murs. C'est le meilleur ressort de fond pour une cité en déclin.

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Villages, bourgs, métropoles

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